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Incendie en Gironde : comment apaiser le stress et l’anxiété ?

  • Photo du rédacteur: Comité Médical Handflow
    Comité Médical Handflow
  • 27 juil.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 juil.

Les incendies en Gironde ont bouleversé des centaines de milliers de personnes.

Au 26 juillet 2026 à 22 h, la préfecture estimait la surface brûlée à 42 000 hectares. Près de 220 000 personnes avaient été évacuées préventivement, dans 23 communes, et 240 habitations avaient été détruites.

Face à une évacuation soudaine, aux fumées, aux flammes et à l’incertitude, ressentir du stress ou de l’anxiété est une réaction compréhensible. Ces émotions peuvent apparaître immédiatement, mais aussi dans les jours qui suivent, parfois après le retour à la maison.


La respiration guidée, notamment la cohérence cardiaque, peut aider à retrouver ponctuellement un peu de calme. Elle ne remplace pas un accompagnement médical ou psychologique, mais peut constituer un outil simple à utiliser au quotidien.



Pourquoi un incendie peut-il provoquer autant de stress ?


Un incendie mobilise directement les mécanismes d’alerte du corps. Le cerveau doit évaluer une menace, prendre des décisions rapides et parfois quitter son domicile en quelques minutes.

Cette situation peut entraîner :

  • une accélération du rythme cardiaque ;

  • une respiration plus rapide ;

  • des tensions musculaires ;

  • des difficultés à dormir ;

  • une vigilance permanente ;

  • des pensées répétitives liées au danger ;

  • une peur de voir le feu reprendre ;

  • un sentiment d’insécurité chez soi.

L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine cite le stress, l’anxiété et les troubles du sommeil parmi les conséquences psychologiques possibles des incendies.

Après une évacuation, le corps peut rester en état d’alerte même lorsque la menace immédiate a disparu. Une odeur de fumée, un bruit d’hélicoptère ou une image vue aux informations peuvent suffire à raviver l’inquiétude.



Des réactions parfois retardées


On imagine souvent que le stress est le plus intense pendant l’événement. Ce n’est pas toujours le cas.

Certaines personnes tiennent pendant l’évacuation, s’occupent de leurs proches et gèrent les démarches urgentes. Les réactions émotionnelles arrivent ensuite, lorsque la situation commence à se stabiliser.

Dans un article consacré aux incendies de Gironde, Franceinfo évoquait notamment :

"Le fait d’avoir craint pour sa vie à son domicile, de le quitter dans les fumées, peut entraîner des cauchemars, un intense sentiment d’insécurité, une grande anxiété."

Il est donc possible de ressentir plusieurs jours après :

  • des cauchemars ;

  • une peur de retourner chez soi ;

  • une difficulté à se concentrer ;

  • une irritabilité inhabituelle ;

  • une fatigue importante ;

  • une boule au ventre ;

  • une envie constante de vérifier les informations.


Ces réactions ne signifient pas automatiquement que l’on souffre d’un trouble psychologique. Être bouleversé après une catastrophe est humain. En revanche, il est important de demander de l’aide lorsque les symptômes deviennent trop intenses ou durent dans le temps.



Que sait-on des effets psychologiques des incendies ?


Après l’incendie industriel de Rouen en 2019, Santé publique France a interrogé près de 2 000 personnes environ un an après l’événement. Dans la zone exposée :

  • 6 % présentaient un trouble de stress post-traumatique probable ;

  • 15 % une anxiété généralisée probable ;

  • 18 % une dépression probable ;

  • 23 % au moins l’un de ces trois troubles.

Les proportions étaient encore plus élevées chez les personnes vivant à moins de 1 500 mètres de l’incendie.

Une autre étude, menée auprès de 1 510 adultes évacués après les feux de Fort McMurray au Canada, a retrouvé environ 15 % de stress post-traumatique probable, 15 % de dépression majeure probable et 15 % d’anxiété généralisée probable un an après l’incendie.

Ces chiffres ne permettent pas de prédire ce que vivra chaque personne. Ils montrent cependant que les effets psychologiques d’un incendie peuvent durer bien après la fin des flammes.



Le rôle du lien social après une évacuation


L’isolement peut renforcer l’anxiété. Après une évacuation, les habitudes sont interrompues, les proches peuvent être dispersés et les informations changent rapidement.

Parler avec une personne de confiance peut aider à remettre des mots sur ce qui s’est passé. Il n’est pas nécessaire de raconter tous les détails. Dire simplement "je dors mal depuis l’évacuation" ou "je me sens toujours en danger" peut déjà permettre d’obtenir du soutien.


Les gestes utiles sont souvent très simples :

  • garder un contact régulier avec ses proches ;

  • limiter l’exposition continue aux images et aux alertes ;

  • essayer de retrouver des horaires de repas et de sommeil ;

  • bouger doucement lorsque c’est possible ;

  • parler à son médecin si l’anxiété devient difficile à gérer ;

  • contacter une cellule d’urgence médico-psychologique.


Pour l’incendie de Saumos, la préfecture de la Gironde a indiqué la mise en place d’une cellule d’urgence médico-psychologique joignable au 0800 719 912.



La cohérence cardiaque peut-elle aider ?


La cohérence cardiaque est une pratique de respiration lente et régulière. Elle consiste à suivre un rythme respiratoire stable pendant quelques minutes, avec une inspiration et une expiration relativement longues.

L’objectif n’est pas de faire disparaître une situation difficile. Il s’agit plutôt d’offrir au corps un moment de pause lorsque l’alerte reste élevée.


Une séance peut être utile :

  • après avoir consulté les informations sur l’incendie ;

  • avant de dormir ;

  • lorsque la respiration devient courte ;

  • pendant une période d’attente ;

  • après un réveil nocturne ;

  • avant un échange difficile avec un proche ou une administration.


Les recherches sur la respiration guidée montrent des effets possibles sur le stress et l’anxiété, mais elle ne remplace pas un suivi professionnel lorsque la souffrance persiste.



Comment pratiquer une séance de respiration ?


Vous pouvez commencer par une séance de cinq minutes :

  1. Installez-vous dans une position confortable.

  2. Posez les pieds au sol si vous êtes assis.

  3. Inspirez lentement par le nez.

  4. Expirez doucement, sans forcer.

  5. Gardez un rythme régulier pendant 5 à 20 minutes.

  6. Si une sensation désagréable apparaît, arrêtez la séance et reprenez une respiration naturelle.


Le rythme souvent utilisé en cohérence cardiaque correspond à environ six respirations par minute. Certaines personnes préfèrent un rythme légèrement différent. L’essentiel est de respirer lentement, sans chercher à remplir les poumons au maximum.

La respiration doit rester confortable.

Nous vous invitons à utiliser l'application Handflow pour faciliter la pratique.



Quand demander de l’aide ?


Consultez un professionnel de santé si l’anxiété :

  • empêche de dormir plusieurs nuits ;

  • rend difficile le retour à une vie normale ;

  • provoque des crises répétées ;

  • entraîne une consommation inhabituelle d’alcool ou de médicaments ;

  • s’accompagne d’idées noires ;

  • reste très forte plusieurs semaines après l’événement.

En cas de danger immédiat, appelez les services d’urgence. Si vous êtes directement concerné par l’incendie de Saumos, la cellule d’urgence médico-psychologique est joignable au 0800 719 912.



Une pratique complémentaire pour retrouver un peu de calme

Après un incendie, il n’existe pas de réaction unique. Certaines personnes ont besoin de parler, d’autres de retrouver une routine, de bouger ou simplement de dormir. La cohérence cardiaque peut s’intégrer à cette période comme un outil complémentaire.

L’application Handflow propose des séances de respiration guidée pour pratiquer quelques minutes, sans compte et gratuitement. Elle peut aider à créer un repère dans la journée, lorsque le mental reste tendu.

Elle ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni une cellule d’urgence. Elle peut simplement accompagner les premiers gestes de retour au calme.



Sources

Les informations concernant l’incendie sont celles disponibles dans le point préfectoral du 26 juillet 2026 à 22 h. Cet article ne constitue pas un avis médical.

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